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Lutte contre les discriminations à l’école : Le Front des mères fait sa rentrée

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Orientation, réussite scolaire : A Paris, un collectif de parents se mobilise contre les discriminations à l’école. Après un état des lieux en mai dernier, le Front des mères a organisé une première réunion de travail dans la construction de son futur syndicat.

Front des mères, Fatima Ouassak, 24 septembre

Crédit photo: Rùkia W. Dosso

Dimanche 24 Septembre, des parents mais aussi des enseignants et des Conseillers Principaux d’Education venant de la région parisienne se sont réunis aux Grands Voisins à Paris (14ème) dans une ambiance conviviale. « On est là pour nos enfants, il faut toujours rester positif» explique Fatima Ouassak, à l’initiative de cette rencontre. Rester positif malgré les problématiques complexes auxquelles ils doivent faire face.

Dans une tribune publiée en mars 2017, Fatima Ouassak et Diariatou Kébé, auteure du livre « Maman noire et invisible », rappellent les dysfonctionnements du système scolaire dans les quartiers populaires ainsi que les discriminations subies par les élèves : « Nos enfants comprennent très tôt que l’école a un problème avec leurs cheveux quand ils sont crépus, avec leur langue maternelle si elle est africaine, avec leur religion quand c’est l’Islam. »

Ensemble, elles décident de créer le Front de mères. « Il y a une infantilisation, les parents sont interpellés comme des enfants ».

Les questions posées par le Front de mères, sont les mêmes que sur les violences policières, sur l’islamophobie, sur la négrophobie, sur les rapports de domination, et en réalité sur la question raciale » précise Fatima Ouassak.

Ce racisme se retrouve aussi bien au niveau des syndicats que du corps enseignant. Goundo Diawara, Conseillère Principale d’Education dans un collège à Garges-Lès-Gonesse témoigne : « Il y a des pratiques qu’on observe de la part d’enseignants qui sont dérangeantes. Ce sont des enseignants débutants qui viennent de province, et ils arrivent avec des préjugés sur les enfants, sachant qu’on est en banlieue, dans le quartier le plus pauvre de la ville. Il faut déconstruire tout ça. »

A niveau égal, les enfants issus de milieux modestes sont plus souvent poussés vers les filières professionnelles et technologiques : « La question de l’orientation elle est centrale. Ça se joue bien en amont, le fait que des enfants se dirigent vers certaines filières plus que d’autres, c’est joué dès la maternelle en réalité ».

De par son expérience avec l’association Ensemble pour les Enfants de Bagnolet depuis un an, Fatima Ouassak insiste sur la présence au niveau local pour être efficace. «Pour ajouter du choix dans les cantines, on a fait un sondage, 96% des parents de Bagnolet interrogés étaient favorables à l’introduction de plat végétarien en alternative à la cantine». Ainsi, l’association a pu avoir plus de poids auprès des pouvoirs publics.

L’objectif du Front de mères est de créer un syndicat de parents, constitué d’un réseau national de collectifs dans des quartiers où les problématiques sont les mêmes : la réussite scolaire et l’orientation, la place des parents dans l’école, les cantines ou des représentations plus justes des personnes non-blanches. « Nous travaillons sur des projets concrets, pour faire avancer les questions un peu partout en reproduisant des initiatives qui ont marché. A force ça va créer une dynamique nationale, un effet domino».

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